Le REM transforme Montréal : entre promesses de mobilité et controverses persistantes

Le Réseau express métropolitain (REM) est le plus grand projet de transport collectif au Québec depuis la construction du métro…
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Le Réseau express métropolitain (REM) est le plus grand projet de transport collectif au Québec depuis la construction du métro de Montréal dans les années 1960. Ce système de train léger automatisé promet de transformer la mobilité dans la grande région métropolitaine. Mais les retards, les dépassements de coûts et les impacts sur les quartiers traversés alimentent des débats passionnés.

Un réseau ambitieux

Le REM, financé et géré par la CDPQ Infra (une filiale de la Caisse de dépôt et placement du Québec), comprend 26 stations réparties sur 67 kilomètres de voies. Il relie le centre-ville de Montréal à la Rive-Sud (via le nouveau pont Samuel-De Champlain), à l’Ouest-de-l’Île, à l’aéroport Montréal-Trudeau et à la couronne nord. Le système est entièrement automatisé, fonctionnant sans conducteur, et promet des fréquences de passage élevées.

L’impact du REM sur le développement urbain est abordé dans nos reportages sur Montréal. Les quartiers situés près des stations voient déjà une hausse des valeurs immobilières et une intensification du développement.

Les retards et dépassements de coûts

Comme la plupart des grands projets d’infrastructure, le REM a connu sa part de retards et de dépassements budgétaires. Le budget initial a été revu à la hausse à plusieurs reprises, et la mise en service complète du réseau a été reportée. Les travaux de construction ont aussi causé des perturbations majeures dans les quartiers traversés, avec des fermetures de rues, du bruit et de la poussière pendant des années.

Les critiques pointent aussi la structure de gouvernance du projet. Confier un système de transport public à une entité liée au secteur financier soulève des questions sur la priorisation du rendement sur l’investissement par rapport au service public. Les enjeux de gouvernance des grands projets sont analysés dans nos dossiers politiques.

L’impact sur le réseau existant

L’arrivée du REM a des conséquences sur le réseau de transport existant. La ligne de train de banlieue Deux-Montagnes a été remplacée par le REM, ce qui a obligé des milliers de navetteurs à s’adapter pendant la transition. L’intégration avec le métro de Montréal et les réseaux d’autobus pose aussi des défis, notamment en termes de correspondances et de tarification.

La Autorité régionale de transport métropolitain (ARTM) travaille à harmoniser les tarifs entre les différents réseaux, mais les utilisateurs se plaignent parfois de devoir payer plus cher pour des trajets qui étaient auparavant couverts par un seul titre de transport. Les enjeux de mobilité à Montréal sont suivis dans notre couverture du transport urbain.

Le REM de l’Est : un projet incertain

Le projet de REM de l’Est, qui devait desservir les quartiers de l’est de Montréal jusqu’à Pointe-aux-Trembles, a fait l’objet de nombreuses remises en question. Les préoccupations esthétiques liées aux structures aériennes dans le centre-ville, les impacts sur le patrimoine et les coûts projetés ont mené à une révision majeure du projet. L’avenir de cette extension reste incertain.

Pour les résidents de l’est de Montréal, historiquement sous-desservis en transport collectif, l’attente est frustrante. Les inégalités de service entre les quartiers sont documentées dans nos analyses urbaines. Un transport collectif efficace dans l’est de la métropole est attendu depuis des décennies.

Le développement immobilier autour des stations

Chaque station du REM devient un pôle d’attraction pour le développement immobilier. Des projets de condos, de commerces et de bureaux poussent autour des gares, créant des « quartiers TOD » (Transit-Oriented Development). Cette densification est souhaitée par les urbanistes, mais elle peut aussi contribuer à la hausse des prix immobiliers et à la gentrification des quartiers environnants.

Les impacts immobiliers du REM rejoignent nos analyses du marché de l’habitation. L’enjeu est de s’assurer que le développement autour des stations bénéficie à l’ensemble de la communauté, pas seulement aux promoteurs et aux propriétaires existants.

Le REM est un pari sur l’avenir de la mobilité à Montréal. Malgré ses imperfections, il représente un investissement historique dans le transport collectif qui pourrait changer durablement la façon dont les gens se déplacent dans la métropole.

Rédaction