Ski au Québec et réchauffement : les stations peuvent-elles survivre?

La saison de ski 2025-2026 au Québec a été la plus courte en 30 ans dans plusieurs stations. Des températures…
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La saison de ski 2025-2026 au Québec a été la plus courte en 30 ans dans plusieurs stations. Des températures au-dessus de la normale, de la pluie en janvier, des épisodes de verglas en février — les conditions n’étaient pas au rendez-vous. Et ce n’est pas un accident isolé : les données météorologiques montrent une tendance claire. Les hivers québécois se réchauffent, et l’industrie du ski, qui génère plus de 1,5 milliard de dollars de retombées économiques, doit s’adapter ou disparaître.

Le ski alpin au Québec, c’est plus de 75 stations, des milliers d’emplois saisonniers, et un mode de vie pour des centaines de milliers de familles. Mais quand la neige naturelle se fait rare et que les températures ne permettent plus de fabriquer de la neige artificielle en début de saison, le modèle d’affaires vacille. Comme on le rapportait dans Les athlètes québécois à surveiller aux Jeux olympiques de 2026, le sport hivernal fait face à une menace existentielle.

Les chiffres qui inquiètent

Selon Environnement Canada, la température hivernale moyenne au sud du Québec a augmenté de 2°C depuis 1950. La saison d’enneigement naturel s’est raccourcie de 2 à 3 semaines en moyenne. Les événements de pluie en hiver — autrefois exceptionnels — sont maintenant courants de novembre à mars. Et les projections pour 2050 sont encore plus alarmantes : un réchauffement additionnel de 2-4°C qui pourrait rendre le ski impossible dans les stations de basse altitude.

Les stations des Laurentides sud — Saint-Sauveur, Morin Heights, Mont Habitant — sont les plus vulnérables. Leur altitude modeste (200-400 mètres) et leur position géographique les rendent dépendantes de la neige artificielle, qui ne peut être fabriquée qu’en dessous de -2°C. Les stations de plus haute altitude — Mont-Tremblant, Le Massif de Charlevoix, Mont-Sainte-Anne — s’en tirent mieux pour l’instant, mais elles ne sont pas immunisées.

L’adaptation en cours

Les stations investissent massivement dans la neige artificielle de dernière génération. Les canons à neige modernes sont 40% plus efficaces que ceux d’il y a 10 ans et peuvent fonctionner à des températures légèrement au-dessus de zéro grâce à des additifs biologiques (pas chimiques). Tremblant a investi plus de 10 millions de dollars dans son système d’enneigement, avec des réservoirs d’eau massifs et une couverture de 85% des pistes en neige artificielle.

La diversification est aussi une stratégie clé. Les stations qui survivent sont celles qui ne dépendent plus exclusivement du ski. Le vélo de montagne en été, les sentiers de randonnée, les festivals, les spas, les activités familiales quatre saisons — le modèle est passé de « station de ski » à « destination plein air ». Tremblant et le Massif de Charlevoix sont des exemples de cette transformation. Et comme le mentionnait Commencer à courir à Montréal : le guide pour ceux qui détestent courir, l’avenir du plein air au Québec passe par l’adaptation.

Les petites stations en péril

Les grandes stations ont les moyens de s’adapter. Les petites — et le Québec en compte des dizaines — n’ont pas ce luxe. Des stations communautaires comme Ski Saint-Bruno, Val Saint-Côme ou Mont Gleason fonctionnent avec des budgets serrés et ne peuvent pas investir des millions en enneigement artificiel. Elles dépendent de la neige naturelle et de bénévoles pour fonctionner.

La fermeture de petites stations aurait un impact énorme. C’est là que les enfants apprennent à skier, que les familles passent leurs weekends, que les communautés locales se rassemblent. Une station de ski communautaire, c’est un centre social autant qu’une infrastructure sportive. Perdre ces stations, c’est perdre un pan entier de la culture hivernale québécoise.

Le ski de fond et les alternatives

Le ski de fond, moins dépendant des canons à neige que l’alpin, gagne en popularité. Les réseaux de sentiers comme le Parc de la Gatineau, le Mont-Royal, le Parc national du Mont-Orford et les Sentiers de l’Estrie offrent des centaines de kilomètres de pistes entretenues. Le fatbike (vélo à pneus surdimensionnés sur neige) est aussi en forte croissance comme alternative hivernale.

La raquette, le ski hors-piste, le télémark — ces activités de niche trouvent un public croissant chez les amateurs de plein air qui cherchent des alternatives au ski alpin conventionnel. Et comme le rappelait Les Canadiens de Montréal en 2026 : la reconstruction porte-t-elle ses fruits?, l’hiver québécois offre des possibilités infinies pour ceux qui sont prêts à sortir des sentiers battus. Le ski au Québec va probablement survivre, mais il devra se réinventer radicalement. Les Cantons-de-l’Est : vin, fromage et montagnes à une heure de Montréal et Road trip sur la 132 : le tour de la Gaspésie en 10 jours offrent aussi des perspectives complémentaires.

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Rédaction