Pour beaucoup de Montréalais, les Laurentides c’est synonyme de ski. Tu prends la 15 Nord un samedi matin, tu fais la file au remonte-pente de Mont-Tremblant, tu manges une poutine trop chère au chalet, et tu rentres épuisé. Mais réduire les Laurentides au ski, c’est comme réduire Montréal aux bagels — c’est pas faux, mais ça manque l’essentiel. Cette région à une heure de la métropole offre des activités spectaculaires en toutes saisons.
Le printemps : l’éveil
Le printemps dans les Laurentides est un spectacle de renaissance. La fonte des neiges gonfle les rivières et crée des conditions parfaites pour le canot et le kayak en eau vive. La rivière Rouge, entre Saint-Jovite et Calumet, offre des rapides de classe II-III qui sont parfaits pour les débutants aventureux et les intermédiaires.
C’est aussi la saison des cabanes à sucre. Les Laurentides comptent des dizaines d’érablières qui ouvrent leurs portes de mars à avril. La Sucrerie de la Montagne à Rigaud offre une expérience traditionnelle complète — repas québécois, tire sur la neige, musique folk — dans un cadre qui te transporte dans le Québec d’autrefois.
L’été : le paradis du plein air
L’été est la saison la plus diversifiée. Le Parc national du Mont-Tremblant, le plus grand parc national du sud du Québec avec ses 1 510 km², offre des centaines de kilomètres de sentiers de randonnée, des lacs cristallins pour le canot et la baignade, et un camping qui te reconnecte avec la nature.
La piste du P’tit Train du Nord, un sentier cyclable de 234 km aménagé sur l’ancienne voie ferrée, est une institution. De Saint-Jérôme à Mont-Laurier, tu traverses des villages pittoresques, des forêts denses et des paysages de lac. Des stations de ravitaillement (les anciennes gares reconverties) offrent des pauses café et repas tout au long du parcours.
Les lacs des Laurentides sont un trésor. Le lac des Sables à Sainte-Agathe, le lac Tremblant, le lac Supérieur — chacun offre des conditions de baignade, de paddleboard et de pêche qui n’ont rien à envier aux destinations exotiques. Et l’eau est gratuite, contrairement aux tout-inclus dans le sud.
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L’automne : le spectacle des couleurs
L’automne dans les Laurentides est tout simplement le plus beau spectacle naturel que le Québec peut offrir. De la fin septembre au milieu d’octobre, les montagnes se transforment en palette de rouges, d’oranges, de jaunes et de verts. C’est un phénomène tellement spectaculaire que des touristes viennent du monde entier juste pour le voir.
Le meilleur point de vue ? Le sommet du Mont-Tremblant via la télécabine panoramique — tu surplombes un océan de couleurs qui s’étend à l’infini. Pour les randonneurs, le sentier du mont Kaaikop dans le parc régional de la Forêt-Ouareau offre un panorama automnal époustouflant au bout d’une montée de 5 km.
L’agrotourisme automnal est aussi un attrait majeur. Les vergers de la région — comme le Verger Labonté — ouvrent pour la cueillette de pommes. Les marchés de producteurs locaux débordent de courges, de citrouilles, de fromages et de produits du terroir.
L’hiver : au-delà du ski alpin
Le ski alpin reste l’attraction phare — Tremblant (665m de dénivelé), Mont Saint-Sauveur, Morin Heights — les options ne manquent pas. Mais l’hiver laurentien offre bien plus.
Le ski de fond est roi dans les Laurentides. Le réseau de sentiers est vaste et bien entretenu. Le Parc linéaire du P’tit Train du Nord, la même piste que le vélo en été, se transforme en corridor de ski de fond et de motoneige l’hiver. Les centres de ski de fond comme Far Hills et le Domaine Saint-Bernard offrent des sentiers tracés dans des décors de carte postale.
La raquette, le fatbike (vélo à gros pneus sur neige), la glissade sur tube, et le traîneau à chiens complètent l’offre hivernale. Et après une journée dans le froid, les spas nordiques comme le Scandinave Spa à Mont-Tremblant offrent le réconfort ultime — bains chauds en plein air avec vue sur les montagnes enneigées.
Où dormir et manger
L’hébergement dans les Laurentides va du camping rustique au resort de luxe. Le village piétonnier de Tremblant offre des hôtels et des condos pour tous les budgets. Les auberges de Sainte-Adèle et de Val-David charment par leur côté intimiste. Et les chalets locatifs sur les bords de lac — disponibles sur Airbnb et les sites spécialisés — offrent l’expérience québécoise par excellence.
Côté gastronomie, les Laurentides ont considérablement élevé leur jeu. L’Eau à la Bouche à Sainte-Adèle est une table gastronomique reconnue. Les microbrasseries et les bistros de Val-David et de Sainte-Agathe offrent une scène culinaire de plus en plus sophistiquée. Et les producteurs locaux — fromagers, brasseurs, apiculteurs — participent à un terroir laurentien en pleine efflorescence.
Les Laurentides, c’est la cour arrière de Montréal — mais quelle cour arrière. À 45 minutes de l’autoroute, tu passes de la vie urbaine à la nature sauvage. C’est le genre d’endroit qui te fait réaliser la chance qu’on a au Québec : quatre saisons, chacune avec ses propres merveilles, à portée de voiture.