Depuis sa mise en service progressive, le Réseau express métropolitain a bouleversé la façon dont les Montréalais se déplacent au quotidien. En 2026, les premiers bilans permettent de mesurer l’impact réel de ce mégaprojet sur la vie urbaine de la métropole, et les résultats sont contrastés entre succès éclatants et défis persistants.
Des chiffres d’achalandage impressionnants
Le REM transporte quotidiennement des dizaines de milliers de passagers entre la Rive-Sud, le centre-ville et l’Ouest-de-l’Île. La station du Quartier DIX30 à Brossard est devenue l’une des plus achalandées, transformant ce qui était un centre commercial automobile en véritable pôle de transport collectif. Les temps de parcours entre Brossard et la Gare Centrale ont été réduits de façon spectaculaire — ce qui prenait 45 minutes en voiture aux heures de pointe se fait maintenant en moins de 15 minutes en train automatisé.
L’impact sur la congestion routière est mesurable. Le pont Samuel-De Champlain voit une réduction notable du nombre de véhicules solo aux heures de pointe depuis que le REM offre une alternative crédible. Les stationnements incitatifs aux stations périphériques affichent complet chaque matin, ce qui montre que les automobilistes sont prêts à changer leurs habitudes quand l’offre de transport est adéquate.
La transformation des quartiers environnants
Les quartiers situés près des stations du REM connaissent une transformation urbaine rapide. Griffintown, déjà en plein boom, voit les projets immobiliers se multiplier autour de la station. L’Île-des-Sœurs développe de nouveaux commerces et services de proximité. Du côté de la Rive-Sud, des quartiers entiers se densifient selon le modèle TOD (Transit-Oriented Development), avec des tours résidentielles, des commerces et des espaces verts concentrés autour des stations.
Cette transformation n’est pas sans controverse. Les résidents de longue date s’inquiètent de la gentrification rapide qui accompagne le REM. Les loyers augmentent dans les secteurs desservis, poussant certains ménages à faible revenu plus loin des stations. Le paradoxe est cruel : un transport collectif conçu pour être accessible à tous finit par contribuer à l’exclusion de ceux qui en auraient le plus besoin.
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Les défis d’intégration avec le réseau existant
L’intégration du REM avec le réseau de la STM pose encore des défis. Les correspondances entre le REM et le métro ne sont pas toujours fluides, et les passagers se plaignent des temps de transfert parfois longs. La tarification intégrée a été source de confusion initiale, même si la situation s’améliore progressivement. Les autobus de la STM ont dû revoir plusieurs de leurs parcours pour alimenter les stations du REM, ce qui a perturbé les habitudes de certains usagers.
L’accessibilité universelle du REM est cependant un point fort unanimement salué. Les stations sont entièrement accessibles aux personnes à mobilité réduite, avec des ascenseurs, des planchers de quai au niveau des trains et une signalisation claire. C’est une amélioration majeure par rapport à plusieurs stations du métro de Montréal qui restent inaccessibles aux fauteuils roulants.
L’impact environnemental
Le REM est un système entièrement électrique, alimenté à 100 % par l’hydroélectricité québécoise. Chaque passager qui délaisse sa voiture pour le REM réduit son empreinte carbone de façon significative. La CDPQ Infra estime que le REM permettra de retirer des dizaines de milliers de voitures des routes chaque jour à pleine capacité, contribuant aux objectifs climatiques du Québec.
Le REM n’est qu’un début — le réseau doit encore être complété et étendu. Pour suivre l’évolution du transport à Montréal, consulte notre section Montréal et notre rubrique Immobilier pour l’impact sur les prix des propriétés.