L’industrie du jeu vidéo au Québec : un géant méconnu

Le Québec est le troisième plus grand pôle de jeux vidéo au monde, derrière le Japon et la Californie. Montréal…
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Le Québec est le troisième plus grand pôle de jeux vidéo au monde, derrière le Japon et la Californie. Montréal seule abrite plus de 300 studios de jeux vidéo qui emploient plus de 15 000 personnes. Des titres légendaires comme Assassin’s Creed, Far Cry, Deus Ex et Prince of Persia ont été créés ici. Et pourtant, la plupart des Québécois n’ont aucune idée de l’ampleur de cette industrie dans leur propre province.

Le secteur du jeu vidéo au Québec génère des revenus de plus de 5 milliards de dollars par année et emploie directement plus de 16 000 personnes. C’est plus que l’industrie du cinéma et de la télévision combinées. Les salaires moyens tournent autour de 75 000 $ à 90 000 $, bien au-dessus de la médiane québécoise. Et contrairement à beaucoup d’industries technologiques, les studios de jeux offrent des emplois autant aux artistes et designers qu’aux programmeurs. Comme on le couvrait dans Les meilleures cabanes à sucre autour de Montréal : notre palmarès, c’est un secteur créatif d’envergure mondiale.

Les géants de Montréal

Ubisoft Montréal, fondé en 1997, est le plus gros studio de jeux vidéo au Canada avec plus de 4 000 employés. C’est le studio derrière la franchise Assassin’s Creed, l’un des jeux les plus vendus de l’histoire. Chaque nouveau volet est développé en grande partie dans les bureaux du Mile-End — un fait que beaucoup de Montréalais ignorent.

Electronic Arts a aussi une présence massive à Montréal, avec plus de 1 500 employés qui travaillent sur des franchises comme FIFA (maintenant EA Sports FC), Need for Speed et Les Sims. Warner Bros. Games Montréal a développé Gotham Knights et travaille sur de futurs titres DC Comics. Et Eidos-Montréal, rachetée par Embracer Group, continue de développer des jeux AAA dans ses studios du Vieux-Montréal. Le poids de ces studios est analysé dans Mariana Mazza, Rosalie Vaillancourt, Phil Roy : l’humour québécois explose en 2026.

Les studios indépendants : l’autre force québécoise

Ce sont les studios indépendants qui apportent la créativité la plus audacieuse. KO_OP a créé Goodbye Volcano High, un jeu narratif acclamé par la critique. Sabotage Studio (aussi à Québec) a produit Sea of Stars, un RPG rétro qui a conquis le monde entier. Compulsion Games a développé We Happy Few avant d’être racheté par Microsoft.

Le Québec City a aussi son écosystème. Beenox (une filiale d’Activision) y emploie plus de 500 personnes. Des studios indépendants comme Pathos Interactive et Illogika contribuent à faire de la Vieille Capitale un pôle de jeux vidéo en croissance.

Le crédit d’impôt : le carburant de l’industrie

Le crédit d’impôt pour la production de titres multimédias (CTMM) est l’arme secrète du Québec. Ce crédit couvre jusqu’à 37,5 % des salaires des employés admissibles — un incitatif fiscal massif qui a attiré les plus grands studios mondiaux. Sans ce crédit, Ubisoft, EA et les autres n’auraient probablement jamais choisi Montréal.

Le programme est controversé. Ses détracteurs arguent que c’est une subvention déguisée aux multinationales étrangères, financée par les contribuables québécois. Ses défenseurs répondent que le retour sur investissement est largement positif — les impôts payés par les 16 000 employés de l’industrie dépassent le coût du crédit. Le débat rejoint les questions soulevées dans Les 15 meilleurs films québécois à voir absolument en 2026.

Travailler dans le jeu vidéo au Québec

Pour les jeunes Québécois intéressés par une carrière dans le jeu vidéo, les opportunités sont réelles. Le programme de création de jeux vidéo du NAD-UQAC, les programmes de l’Université de Sherbrooke et les formations du Cégep de Matane sont parmi les meilleures portes d’entrée. Les postes les plus en demande en 2026 : programmeurs gameplay, artistes 3D, designers de niveaux et producteurs.

Les conditions de travail se sont améliorées, mais le crunch — ces périodes de travail intensif de 60 à 80 heures par semaine avant le lancement d’un jeu — reste un problème dans l’industrie. Des initiatives de syndicalisation émergent, et certains studios indépendants se positionnent explicitement comme des milieux de travail sains. C’est un enjeu qui évolue et qu’on suit dans Les meilleures apps québécoises à télécharger en 2026.

L’industrie du jeu vidéo québécoise est un trésor national qui mérite d’être reconnu. La prochaine fois que tu joues à Assassin’s Creed ou Sea of Stars, rappelle-toi : c’est fait ici, par des gens d’ici. Et si tu veux explorer d’autres facettes de l’innovation québécoise, Les séries québécoises les plus attendues de l’automne 2026 couvre le sujet en profondeur.

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Rédaction