Québec solidaire mise gros sur les jeunes et le logement pour octobre

À moins de sept mois de l’élection provinciale du 5 octobre 2026, Québec solidaire déploie sa stratégie électorale avec un…
1 Min Read 0 4

À moins de sept mois de l’élection provinciale du 5 octobre 2026, Québec solidaire déploie sa stratégie électorale avec un message clair : le logement, l’environnement et la justice sociale seront au cœur de sa campagne. Le parti de Gabriel Nadeau-Dubois mise sur une coalition de jeunes électeurs, de locataires frustrés et d’environnementalistes déçus pour tenter de réaliser une percée historique à l’Assemblée nationale.

Le logement : cheval de bataille numéro un

QS a fait du logement abordable son enjeu prioritaire, et pour cause. Au Québec, le taux d’inoccupation des logements locatifs a atteint des niveaux historiquement bas dans plusieurs villes. À Montréal, trouver un appartement décent à un prix raisonnable est devenu un sport extrême. La Société canadienne d’hypothèques et de logement (SCHL) estime qu’il faudrait construire des centaines de milliers de logements supplémentaires d’ici 2030 pour rétablir l’accessibilité.

La plateforme de QS propose la création d’une société publique d’habitation qui construirait directement du logement social et abordable, plutôt que de subventionner le privé. Le parti propose aussi un gel temporaire des loyers, un contrôle obligatoire des loyers lors d’un changement de locataire (pour contrer les « rénovictions »), et un registre public des loyers qui permettrait aux locataires de connaître le prix payé par le locataire précédent.

Ces propositions divisent. Les associations de propriétaires comme la CORPIQ dénoncent des mesures qui, selon elles, décourageraient l’investissement locatif et aggraveraient la pénurie. Les groupes de défense des locataires, comme le RCLALQ, applaudissent mais demandent d’aller encore plus loin.

L’environnement : le terrain historique de QS

L’environnement est dans l’ADN de Québec solidaire depuis sa fondation. Le parti propose une accélération de la transition énergétique avec un objectif de carboneutralité pour 2040 — 10 ans avant l’objectif fédéral. Concrètement, ça signifie : fin de l’exploration et l’exploitation des hydrocarbures sur le territoire québécois, investissements massifs dans le transport collectif, et une politique industrielle verte qui positionnerait le Québec comme leader en technologies propres.

Le plan de transport de QS est particulièrement ambitieux. Le parti propose un réseau de tramways dans les villes de taille moyenne, une amélioration substantielle du service de Via Rail entre Montréal et Québec, et la gratuité du transport en commun pour les étudiants et les personnes à faible revenu. À Montréal, QS propose de compléter la ligne bleue du métro (un projet qui traîne depuis des décennies) et d’ajouter de nouvelles lignes de bus rapides.

Sur le même sujet : Découvre aussi La crise du logement au Québec : les partis ont-ils de vraies solutions? et Le tramway de Québec : Guilbault enterre le projet, les citoyens réagissent.

Le portefeuille : comment payer tout ça ?

C’est la question qui revient invariablement. Les propositions de QS coûtent cher, et le parti le reconnaît. Son cadre financier repose sur trois piliers : une hausse de la taxation des grandes entreprises et des plus fortunés, la fin des subventions aux industries fossiles, et les économies générées par la prévention en santé et en logement.

QS propose notamment un impôt sur la fortune pour les patrimoines supérieurs à 1 million de dollars (excluant la résidence principale), une hausse du taux d’imposition pour les revenus dépassant 200 000$, et une taxe sur les transactions financières à haute fréquence. Le parti estime que ces mesures généreraient entre 5 et 8 milliards de dollars par année.

Les économistes sont partagés. Certains, comme ceux de l’IRIS (Institut de recherche et d’informations socioéconomiques), jugent les estimations plausibles et les mesures nécessaires pour réduire les inégalités. D’autres, notamment au MEI (Institut économique de Montréal), avertissent qu’une hausse de la taxation pourrait provoquer une fuite des capitaux et des talents vers d’autres provinces.

La bataille pour le vote jeune

QS domine historiquement chez les 18-34 ans, mais cette avance n’est pas acquise. Le Parti québécois, sous sa nouvelle direction, tente lui aussi de séduire les jeunes avec un discours nationaliste renouvelé. Le Parti libéral mise sur son message économique et multiculturaliste pour attirer les jeunes anglophones et allophones. Et la CAQ tente de retenir ceux qui avaient voté pour elle en 2022 en promettant des résultats concrets en habitation.

La mobilisation sera la clé. Les jeunes sont historiquement moins enclins à voter que les groupes plus âgés. Aux élections de 2022, le taux de participation des 18-24 ans était d’environ 55%, contre plus de 70% pour les 55 ans et plus. Chaque point de pourcentage de participation jeune supplémentaire peut faire basculer des circonscriptions, surtout dans les quartiers centraux de Montréal et de Québec où QS est compétitif.

Le parti investit massivement dans sa présence sur les réseaux sociaux — TikTok, Instagram, YouTube — avec un ton qui tranche avec la communication politique traditionnelle. Gabriel Nadeau-Dubois est probablement le chef de parti le plus à l’aise dans l’espace numérique, et son équipe exploite cet avantage au maximum.

Les obstacles sur la route

Malgré son énergie, QS fait face à des défis importants. Le parti reste largement montréalais dans sa base électorale. Les percées en région — essentielles pour espérer former un gouvernement — restent difficiles, même si le parti a réalisé des gains prometteurs dans certaines circonscriptions de Sherbrooke, Gatineau et Québec.

Le positionnement sur la question nationale continue aussi de créer des tensions internes. Le parti se définit comme souverainiste, mais accorde moins de priorité à l’indépendance que le PQ. Certains membres, surtout ceux qui viennent du mouvement indépendantiste, aimeraient un engagement plus ferme. D’autres, plus pragmatiques, jugent que l’indépendance est un objectif à long terme qui ne devrait pas dominer la campagne.

La campagne d’octobre s’annonce comme l’une des plus disputées de l’histoire récente du Québec. Avec quatre partis compétitifs et un électorat volatil, chaque vote comptera. QS croit que ses thèmes — logement, environnement, justice sociale — sont alignés avec les préoccupations réelles des Québécois. Les prochains mois diront s’il a raison.

Rédaction

Laisser un commentaire