Éco-anxiété : comment les jeunes Québécois vivent avec la peur du futur climatique

Avoir 20 ans au Québec en 2026, c’est grandir avec la certitude que le monde va changer de manière dramatique.…
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Avoir 20 ans au Québec en 2026, c’est grandir avec la certitude que le monde va changer de manière dramatique. Les rapports du GIEC, les canicules records, les feux de forêt qui enfument Montréal chaque été : tout ça pèse lourd sur les épaules d’une génération qui hérite d’une planète en surchauffe. L’éco-anxiété n’est pas une mode ou une exagération, c’est une réaction psychologique légitime face à une menace existentielle réelle.

Ce que vivent les jeunes Québécois

Des sondages récents montrent que près de 60% des jeunes Québécois de 18 à 25 ans ressentent une anxiété significative liée aux changements climatiques. Pour certains, ça se manifeste par des pensées intrusives sur l’avenir, des difficultés à se projeter, et une remise en question de choix fondamentaux comme avoir des enfants ou acheter une maison. Pourquoi investir dans un avenir qui semble compromis?

L’UQAM et d’autres universités québécoises mènent des recherches sur la solastalgie, ce sentiment de détresse causé par la dégradation de son environnement familier. Les feux de forêt de 2023, qui ont recouvert Montréal d’une fumée orange pendant des jours, ont été un moment déclencheur pour beaucoup de jeunes qui ont réalisé que les changements climatiques, c’était pas juste des graphiques abstraits. C’était l’air qu’ils respiraient. La santé mentale des jeunes est indissociable de cette réalité climatique.

Entre impuissance et action

L’éco-anxiété peut mener à la paralysie ou à l’action. Beaucoup de jeunes Québécois choisissent la deuxième option. Le mouvement pour le climat, inspiré par Greta Thunberg et porté localement par des organismes comme La Planète s’invite, mobilise des milliers de personnes. Les marches pour le climat à Montréal attirent des foules impressionnantes, et des initiatives citoyennes de verdissement, de compostage et de transport actif se multiplient.

L’engagement politique est aussi une voie que beaucoup de jeunes empruntent. Les partis écologistes attirent une part croissante du vote jeune, et des candidats de moins de 30 ans se présentent aux élections municipales et provinciales avec des plateformes centrées sur l’environnement. C’est une politisation par l’écologie qui redéfinit le paysage électoral québécois.

Le rôle des psychologues et des intervenants

La psychologie clinique commence à prendre au sérieux l’éco-anxiété comme enjeu de santé mentale. L’Ordre des psychologues du Québec reconnaît que la détresse liée aux changements climatiques est légitime et nécessite des approches thérapeutiques adaptées. Ce n’est pas une phobie irrationnelle qu’il faut « guérir », c’est une réaction saine face à une menace réelle qu’il faut apprendre à gérer.

Des groupes de soutien spécifiques à l’éco-anxiété émergent au Québec. Ces espaces permettent aux participants de partager leurs émotions, de briser l’isolement et de transformer l’angoisse en action collective. C’est une approche qui combine le soin individuel et l’engagement communautaire, deux dimensions indissociables quand la source de l’anxiété est un problème collectif.

Transformer l’anxiété en moteur

L’éco-anxiété n’est pas une maladie. C’est le signal que quelque chose ne va pas et qu’il faut agir. Le défi, c’est de canaliser cette énergie émotionnelle vers des actions concrètes plutôt que de la laisser se transformer en désespoir. Les jeunes Québécois qui s’engagent dans le mouvement climatique montrent qu’il est possible de vivre avec cette anxiété tout en travaillant à construire un avenir meilleur. C’est pas de l’optimisme naïf, c’est du réalisme combatif.

Rédaction