Rechute, récidive et aggravation : quand une ancienne lésion professionnelle refait surface

Un travailleur dont l’état de santé s’était stabilisé après un accident du travail peut, dans certaines circonstances, voir ses symptômes…
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Un travailleur dont l’état de santé s’était stabilisé après un accident du travail peut, dans certaines circonstances, voir ses symptômes réapparaître ou s’aggraver. La Loi sur les accidents du travail et les maladies professionnelles (LATMP) prévoit des mécanismes distincts pour faire face à ces situations : la rechute, la récidive et l’aggravation. Ces notions, souvent confondues, ont des implications juridiques précises et donnent lieu à des droits que de nombreux travailleurs ignorent, même après des années de suivi dans un dossier CNESST.

Rechute, récidive, aggravation : quelle est la différence concrète ?

La rechute désigne la réapparition des symptômes d’une lésion professionnelle antérieure après une période de rémission, sans qu’un nouvel accident du travail soit nécessairement en cause. La récidive correspond à la résurgence d’une lésion déjà consolidée : les symptômes qui s’étaient atténués réapparaissent de façon identique ou similaire à la lésion initiale. L’aggravation, quant à elle, désigne une détérioration par rapport à l’état constaté lors de la consolidation, pouvant se traduire par une incapacité accrue ou des limitations fonctionnelles plus importantes.

Dans les trois cas, le travailleur a le droit de réclamer la reconnaissance de cet événement auprès de la CNESST. Cette reconnaissance entraîne la reprise du versement des indemnités et la prise en charge des soins. Elle peut également rouvrir le dossier sur la question des séquelles permanentes et générer une indemnité supplémentaire.

Est-ce que la CNESST peut refuser de reconnaître ma rechute ?

Oui, et c’est fréquent. La CNESST rejette régulièrement ces demandes en invoquant l’absence de lien causal entre la nouvelle condition et la lésion initiale, ou en attribuant la détérioration à des facteurs personnels étrangers à l’accident du travail. Ces refus sont pourtant contestables. Pour maximiser les chances de reconnaissance, il est utile de revoir l’ensemble du parcours médical depuis la consolidation et le retour à l’emploi, afin de documenter l’évolution de façon cohérente et convaincante devant le Tribunal administratif du travail.

NotionCe que cela signifie concrètement
RechuteRéapparition des symptômes après rémission, sans nouvel accident
RécidiveRésurgence d’une lésion consolidée, symptômes identiques
AggravationDétérioration par rapport à l’état constaté à la consolidation
Effet communReprise de l’IRR et prise en charge des soins médicaux
Preuve déterminanteRapport médical établissant le lien avec la lésion initiale
En cas de litige médicalAvis du Bureau d’évaluation médicale (BEM)

Le rapport médical : la pièce que vous ne pouvez pas négliger

Pour que la CNESST reconnaisse une rechute, une récidive ou une aggravation, il faut établir un lien causal entre la nouvelle condition et la lésion professionnelle antérieure. Ce lien repose presque exclusivement sur la preuve médicale. Le médecin traitant doit consigner avec précision la nature des symptômes, leur évolution par rapport à la lésion initiale et les raisons médicales pour lesquelles la nouvelle condition y est rattachée. Une documentation incomplète compromet tout le reste.

Lorsque les médecins sont en désaccord, le Bureau d’évaluation médicale (BEM) intervient. Son avis lie la CNESST et le TAT sur les questions médicales, mais non sur les questions juridiques qui en découlent. Même un avis défavorable du BEM peut être débattu sur le plan juridique devant le Tribunal, à condition que la stratégie soit bien préparée.

Quelles sont les conséquences concrètes d’une reconnaissance ?

La reconnaissance entraîne en premier lieu la reprise du versement de l’indemnité de remplacement du revenu pour toute la période d’inaptitude suivant l’accident du travail reconnu. La CNESST reprend également en charge les soins médicaux requis. Si la rechute a aggravé les séquelles par rapport à ce qui avait été évalué lors de la consolidation initiale, une réévaluation de l’atteinte à l’intégrité physique et psychique peut être demandée, ce qui peut générer une indemnité forfaitaire supplémentaire.

Un dossier fermé n’est pas toujours définitif

Beaucoup de travailleurs croient, à tort, qu’un dossier CNESST fermé ne peut plus être rouvert. La rechute, la récidive et l’aggravation montrent que ce n’est pas le cas. Si votre état s’est détérioré depuis votre accident du travail et que le lien avec votre lésion initiale peut être établi, vous avez des droits. La page de Lambert Avocats sur la rechute, récidive et aggravation présente les démarches pour évaluer si une réouverture de dossier est envisageable et comment la défendre efficacement devant la CNESST et le TAT.

Rédaction